par Sébastien Rivard, coordonnateur du RIOCM, Bulletin de liaison de décembre 2009
Premiers témoins sur le terrain des impacts de la détérioration du contexte économique sur la population et du manque de ressources de l’État pour les services sociaux, les organismes communautaires autonomes de Montréal sont traversés, depuis de nombreuses années, par d’importantes tensions entre la prise en charge de la population et la lutte sociale. Issus à l’origine des nouveaux mouvements sociaux suite à la révolution tranquille au Québec, les organismes communautaires ont mené de nombreuses luttes pour que l’État mette en place des politiques sociales progressistes permettant concrètement la réalisation des droits collectifs fondamentaux (note 1).
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par Claudelle Cyr, Bulletin de liaison du RIOCM de décembre 2009
La philanthropie n’est pas un phénomène nouveau. En Europe, dès la Renaissance, des marchands ont créé des trusts dont l’argent était destiné à des oeuvres charitables. Dans les années 1700, on voit apparaître ce qui ressemble davantage à ce que l’on connait de la philanthropie traditionnelle. Les «premiers riches», c’est-à-dire les hommes d’affaires ayant des compagnies à actions, injectent des sommes qui seront redistribuées à leur communauté pour des besoins sociaux. En 1800 en Grande-Bretagne, les industriels les plus riches redonnent une partie de leurs fortunes afin d’aider à résoudre certains problèmes sociaux dans les différentes communautés. Puis viennent au début du XXe siècle les Rockfeller aux États-Unis qui seront les précurseurs de la philanthropie industrielle.
Aujourd’hui, la philanthropie prend toutefois un nouveau visage, on voit apparaître ce qu’il est convenu d’appeler le «philantrocapitalisme». Ce type de philanthropie commande un partenariat avec l’État. Ce partenariat n’est pas sans conséquences. Non seulement il exige de nos gouvernements un apport financier dans les projets proposés par les fondations, mais de plus il remet en question la gouvernance de l’État. Nous pensons notamment à la fondation Lucie et André Chagnon, connue aussi sous l’acronyme FLAC.
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C'est au cours de la semaine du 21 au 25 septembre que le projet de loi 7 - Loi instituant le fonds pour le développement des jeunes enfants, sera adopté par l'Assemblée nationale. En dépit des quelques bonifications et amendements qui y ont été apportés, la mouture finale du projet de loi est encore loin de disposer de tous les irritants. Lors des consultations du printemps 2009, plusieurs avaient réclamé un moratoire et la tenue d'un véritable débat public sur les enjeux démocratiques soulevés par ce projet de loi. Des pétitions ont d'ailleurs été déposées à plusieurs reprises en ce sens à l'Assemblée nationale dans les semaines qui ont suivi. Or, l'adoption du projet de loi ne saurait faire l'économie d'un nécessaire débat de fond sur les modes de gouvernance qui permettent à de riches mécènes d'orienter nos politiques sociales, ni sur les fondements idéologiques des interventions proposées.
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Le moins qu’on puisse dire, c’est que le fait de parler au nom du mieux-être des enfants est devenu un créneau passablement à la mode par les temps qui courent. En effet, que ce soit dans le milieu de la recherche, dans le monde juridique ou du côté des actions gouvernementales, tous clament haut et fort vouloir agir dans le «meilleur intérêt des enfants». Même la FAFMRQ, dans ses multiples interventions visant la défense des intérêts des familles monoparentales et recomposées, mentionne régulièrement viser le mieux-être des enfants qui vivent au sein de ce type de familles. Ce fut notamment le cas lors de son intervention dans le cadre du procès sur l’encadrement juridique des conjoints de fait. On se rappellera que l’argument principal de la fédération était que les enfants issus de parents en union de fait ne bénéficiaient pas des mêmes droits que ceux issus de parents mariés et qu’il était nécessaire d’y remédier. Or, si cette noble cause de veiller au mieux-être des enfants semble bel et bien partagée par le plus grand nombre, les moyens pour y arriver et les points de vue sur ce qui devrait être considéré comme bon ou néfaste sont passablement diversifiés.
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