par Clairandrée Cauchy et Marco Bélair-Cirino, Le Devoir
À l’issue du Sommet montréalais sur la maturité scolaire qui battait son plein hier au centre Mont-Royal, quelque 300 personnes issues du milieu institutionnel et communautaire se sont engagées à déployer tous les efforts nécessaires afin d’«offrir à chaque enfant montréalais de 0 à 5 ans un environnement qui assure le développement de son plein potentiel», et de faire passer, d’ici 2015, sous la barre des 30% la proportion des tout-petits dits «vulnérables» au moment de leur entrée à la maternelle.
«C’est une démarche que nous entreprenons pour sensibiliser l’ensemble des intervenants impliqués dans le 0 à 5 ans pour faire en sorte qu’on puisse avoir des services et des résultats meilleurs concernant le développement des enfants», a indiqué le directeur de santé publique, le Dr Richard Lessard, qui attend un plan d’action complet au plus tard en janvier 2010. Les participants au Sommet montréalais sur la maturité sociale ont entre autres suggéré de mieux soutenir les parents en créant des centres d’information aux quatre coins de l’île de Montréal.
Au printemps 2008, la Direction de santé publique de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal a fait savoir que 35% des enfants de 0 à 5 ans sur son territoire risquaient d’éprouver des difficultés dans leur cheminement scolaire puisqu’ils accusaient un retard dans au moins une des cinq dimensions suivantes : santé physique et bien-être, compétences sociales, maturité affective, développement cognitif et langagier, habiletés de communication et connaissances générales.
Si le projet de loi 7 visant à instituer le fonds Québec-Enfants pour le développement des jeunes enfants est adopté, «ça va amener des ressources financières importantes, on parle de 40 millions de dollars par année pendant 10 ans», a dit le Dr Lessard. Quelque 150 millions de dollars proviendraient des coffres de l’État et 250 millions, de la Fondation Lucie et André Chagnon.
Pendant que les participants échangeaient au centre Mont-Royal, un petit groupe de parents, surtout des mères, manifestait à l’extérieur pour dénoncer le peu de place faite aux parents (une quinzaine sur l’assemblée de quelque 300 personnes). Ces dernières s’interrogeaient sur le concept même de «maturité scolaire». «Comme parent, on se fait dire que chaque enfant a son rythme de développement. Puis là, tout d’un coup, il faudrait que tous les enfants entrent dans les petites cases, qu’ils soient rendus là en entrant à la maternelle», illustre Lydia Pontbriand, mère d’un enfant de trois ans et d’un autre de neuf mois. Elle craint qu’on mette trop de pression sur les parents de jeunes enfants, particulièrement ceux issus de milieux pauvres, jetant par la même occasion un doute sur leurs compétences.
«On a l’impression que l’enquête sur la maturité scolaire, c’est de la poudre aux yeux pour cautionner l’intervention du bâilleur de fonds, la Fondation Chagnon, de s’installer», déplore une autre mère, Marie-Claude Giroux, qui craint une stigmatisation des parents pauvres.
Pages reliées :
Sommet montréalais sur la maturité scolaire - 300 participants, un objectif : le bien-être des tout-petits, CNW Telbec, 28.05.2009
Retrait du ROCFM du comité régional d’action concertée pour le développement des enfants, Laurence Lagouarde pour le C.A. du ROCFM, 22.05.2009
Journal Trouvé – Édition spéciale : Maturité scolaire et Sommet montréalais du 28 mai, Bureau de Consultation Jeunesse, 04.2009