Au moment de voter l’ensemble des crédits budgétaires à l’Assemblée nationale, la Coalition Solidarité Santé aurait souhaité que le gouvernement fasse marche arrière concernant la contribution santé. Au lieu d’imposer une telle taxe régressive et inéquitable, il aurait pu faire le choix d’aller récupérer les mêmes sommes en cherchant à mieux contrôler le coût des médicaments. En effet, nous payons au Canada les médicaments les plus chers du monde, avec la Suisse. Depuis 25 ans, c’est le secteur de la santé qui a connu la croissance la plus importante. À l’échelle du pays, les médicaments représentent le cinquième des budgets de la santé de 2009 alors qu’en 1985, ils n’en constituaient que le dixième. Or, des moyens existent pour contrôler les coûts des médicaments, qu’ont déjà choisi de mettre en œuvre des pays comme la France, la Suède et la Nouvelle-Zélande. Ici, nous décidons plutôt d’accorder des privilèges à une industrie pharmaceutique qui ne remplit plus ses promesses.
Le 1er avril, la Coalition montréalaise pour la survie des services publics se mobilisait pour dénoncer la faible contribution des grandes entreprises aux revenus de l'État et le manque de volonté du gouvernement de corriger cette situation.
La Coalition avait choisi de manifester devant les bureaux montréalais de la Banque HSBC, qu'elle considère comme le symbole international de l'évasion fiscale et des paradis fiscaux, pour dénoncer la faible contribution du monde financier et des grandes entreprises aux revenus de l'État. En effet, alors que les contribuables croulent sous les nouvelles hausses de taxes et de tarifs régressifs, les grandes entreprises, dont les banques, ont vu leur contribution fondre comme neige au soleil. Crédit de taxes, subventions aux entreprises, baisses d'impôt et congés fiscaux sont autant de mesures qui grugent la marge de manœuvre des gouvernements et augmentent les marges de profits des actionnaires. Résultat, les contribuables assument 79% des revenus du Québec alors que les entreprises ne contribuent que pour un maigre 21%. «Quand ces politiques se font sur le dos de la majorité de la population et de nos services publics, nous nous devons de réagir», déclare Catheryn Roy-Goyette, porte-parole de la Coalition montréalaise pour la survie des services publics.
Soyons nombreux et nombreuses dans la rue le 12 mars pour dire à M. Charest que nous disons NON à la tarification et à la privatisation des services publics, NON à l’appauvrissement de la classe moyenne et des moins nantis. Le prochain budget doit favoriser l’émergence d’un Québec plus juste, plus égalitaire. Le 12 mars, manifestons ensemble!
Pour en savoir plus sur les solutions alternatives possibles en prévision du budget 2011-2012, un regroupement de réseaux d’économistes organisait des conférences publiques à Québec, Montréal et Trois-Rivières sur les enjeux du développement économique, des services publics et des finances de l’État. Des vidéos issues de ces conférences sont accessibles en ligne : Le développement économique, Services publics : clients ou usagers?, Finances publiques : faire peur ou voir venir : 1ère et 2e partie. Le 24 février à Montréal, cette démarche débouchait sur un grand forum socio-économique.
Notre premier ministre Jean Charest a fait une déclaration assez choquante ces derniers jours en ciblant les parents comme les principaux responsables du décrochage scolaire de leurs enfants. Comme le veut le proverbe, «il voit la paille dans l'œil du voisin, mais ne voit pas la poutre dans le sien»...
On peut penser qu'en agissant ainsi, il vient tout simplement protéger les instances scolaires et surtout se prémunir contre toute demande de nouvel investissement. Ce gouvernement affirme que la persévérance scolaire est l'affaire de tous, mais, en définitive, quand les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous, il choisit de blâmer les parents. Il est certain qu'on ne peut contester que les enfants sont sous la responsabilité des parents et que ceux-ci ont des devoirs à leur égard... Dans les faits, cela ressemble un peu aux responsabilités d'un premier ministre à l'égard de ses commettants, à la seule différence que les parents, eux, sont certains d'être élus à vie!