Texte de conférence de Michel Parazelli, professeur‐chercheur, École de travail social, Université du Québec à Montréal présenté au 3e colloque du mouvement Pasde0deconduite, le 19 juin 2010, intitulé Les enfants au carré ? Une prévention qui tourne pas rond ! Prévention et éducation plutôt que prédiction conditionnement.
Lors du premier colloque du Collectif Pasde0deconduite, en 2006, j’ai présenté quelques fondements théoriques et scientifiques des approches de prévention précoce les plus courantes au Québec (Parazelli, 2006). Rappelons que la plupart de ces approches sont fondées sur le paradigme positiviste de la science, donc un certain regard triant dans le monde extérieur ce qui est digne d’être connu, c’est‐à‐dire les éléments de la réalité pouvant s’observer concrètement, au détriment des autres aspects de la réalité humaine qui ne peuvent s’observer physiquement tels que les normes, les valeurs, les désirs, l’imaginaire, l’autorité, l’inconscient, les paradigmes,etc. Bref, le point de vue positiviste ne prend pas en compte le sens que les personnes donnent à leurs comportements, sinon pour en corriger la perception potentiellement erronée (Dufresne et Goupil, 2010 : 136). C’est pourquoi, cette vision du monde toute « scientifique » soit‐elle, réduit considérablement la complexité des dynamiques humaines et sociales en en simplifiant la réalité. Il est alors plus facile d’imaginer avoir trouvé des causes de phénomènes quand on réduit ces derniers à un nombre restreint de variables observables pouvant être soumises à des expériences et à des tests de corrélations statistiques ; ou visualisées via l’imagerie cérébrale (Parazelli, 2010 : 4). Ces approches se déclinent selon trois perspectives disciplinaires : la perspective biopsychologique; l’écologie du développement; et l’éthologie (théorie de l’attachement). Précisons que ces perspectives peuvent constituer autant de repères scientifiques pertinents en sciences humaines, mais dès lors qu’elles visent à prétendre tout expliquer d’un phénomène social, nous avons affaire à la résurgence d’une forme de positivisme.
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