L’R et les centres de femmes revendiquent, entre autres, l’abolition de la taxe santé et l’arrêt de toute tarification dans le système de santé. Selon la présidente de L’R, Lyse Cloutier, « la taxe santé est inacceptable et elle ouvre la porte à la taxation de services pour lesquels nous contribuons déjà via nos impôts. Nous en avons assez des mesures du gouvernement pour faire payer la classe moyenne toujours plus : taxe santé, hausse des tarifs d’Hydro, de la TVQ et des frais de scolarité, etc. ».
« Un laisser-aller progressif de nos gouvernements et un sous-financement ont ouvert grand la voie à la privatisation de notre système de santé. Pendant que l'industrie privée de la santé accumule les profits, les patient-es paient de plus en plus de frais pour des soins pourtant nécessaires, et l'accès aux soins devient plus difficile, de plus en plus déterminé par la capacité de payer, et non par le besoin de soins. Mobilisons-nous et défendons ensemble un système de santé PUBLIC et EN SANTÉ, seul système capable d'assurer un accès équitable à des soins de qualité! » Une vidéo réalisée par Funambules Médias pour les Médecins québécois pour le régime public, qui publiait récemment un état des lieux.
Au moment de voter l’ensemble des crédits budgétaires à l’Assemblée nationale, la Coalition Solidarité Santé aurait souhaité que le gouvernement fasse marche arrière concernant la contribution santé. Au lieu d’imposer une telle taxe régressive et inéquitable, il aurait pu faire le choix d’aller récupérer les mêmes sommes en cherchant à mieux contrôler le coût des médicaments. En effet, nous payons au Canada les médicaments les plus chers du monde, avec la Suisse. Depuis 25 ans, c’est le secteur de la santé qui a connu la croissance la plus importante. À l’échelle du pays, les médicaments représentent le cinquième des budgets de la santé de 2009 alors qu’en 1985, ils n’en constituaient que le dixième. Or, des moyens existent pour contrôler les coûts des médicaments, qu’ont déjà choisi de mettre en œuvre des pays comme la France, la Suède et la Nouvelle-Zélande. Ici, nous décidons plutôt d’accorder des privilèges à une industrie pharmaceutique qui ne remplit plus ses promesses.
Le 1er avril, la Coalition montréalaise pour la survie des services publics se mobilisait pour dénoncer la faible contribution des grandes entreprises aux revenus de l'État et le manque de volonté du gouvernement de corriger cette situation.
La Coalition avait choisi de manifester devant les bureaux montréalais de la Banque HSBC, qu'elle considère comme le symbole international de l'évasion fiscale et des paradis fiscaux, pour dénoncer la faible contribution du monde financier et des grandes entreprises aux revenus de l'État. En effet, alors que les contribuables croulent sous les nouvelles hausses de taxes et de tarifs régressifs, les grandes entreprises, dont les banques, ont vu leur contribution fondre comme neige au soleil. Crédit de taxes, subventions aux entreprises, baisses d'impôt et congés fiscaux sont autant de mesures qui grugent la marge de manœuvre des gouvernements et augmentent les marges de profits des actionnaires. Résultat, les contribuables assument 79% des revenus du Québec alors que les entreprises ne contribuent que pour un maigre 21%. «Quand ces politiques se font sur le dos de la majorité de la population et de nos services publics, nous nous devons de réagir», déclare Catheryn Roy-Goyette, porte-parole de la Coalition montréalaise pour la survie des services publics.
Soyons nombreux et nombreuses dans la rue le 12 mars pour dire à M. Charest que nous disons NON à la tarification et à la privatisation des services publics, NON à l’appauvrissement de la classe moyenne et des moins nantis. Le prochain budget doit favoriser l’émergence d’un Québec plus juste, plus égalitaire. Le 12 mars, manifestons ensemble!
Pour en savoir plus sur les solutions alternatives possibles en prévision du budget 2011-2012, un regroupement de réseaux d’économistes organisait des conférences publiques à Québec, Montréal et Trois-Rivières sur les enjeux du développement économique, des services publics et des finances de l’État. Des vidéos issues de ces conférences sont accessibles en ligne : Le développement économique, Services publics : clients ou usagers?, Finances publiques : faire peur ou voir venir : 1ère et 2e partie. Le 24 février à Montréal, cette démarche débouchait sur un grand forum socio-économique.
Le discours actuel tend à nous faire revenir 40 ans en arrière, alors que l’accès aux soins de santé se faisait en fonction de la grosseur du portefeuille. Faut-il rappeler qu’avant l’entrée en vigueur du régime public d’assurance-maladie, le 1er novembre 1970, des gens s’endettaient pour se faire soigner ou attendaient avant de consulter, avec des conséquences dévastatrices sur leur santé? Le régime de santé public a été un gain majeur pour toute la population du Québec. Il est fondamental de se rappeler pourquoi il a été mis en place.